Avec l'aide de l'Institut de Recherche sur les Handicaps (IRH) et en partenariat avec l'association AIR à Besançon, j'ai développé un modèle que j'ai appelé
La Mobilisation Structurelle des Aptitudes (MSA)
La Mobilisation Structurelle des Aptitudes aspire à une transformation de l’individu tout entier, à une recherche continuelle sur les « bonnes choses » de la personne et considère que chaque personne peut mobiliser ses aptitudes et développer ses capacités.
Ce modèle donne le cadre d'un programme d'action que nous mettons en place avec l'IRH afin de développer un « potentiel de réalisation » (l’aptitude) et de créer un environnement favorable pour assurer la survie et l’épanouissement d’une personne cérébro-lésée tout au long de son existence.
Plutôt que de chercher et isoler ce qui ne va pas, la Mobilisation Structurelle des Aptitudes va chercher plutôt les choses qui vont et construire là-dessus l’intervention.
La Mobilisation Structurelle des Aptitudes, crée une voie supérieure à la prédiction, c’est une modification.
En général, on caractérise la personne concernée par une atteinte cérébrale par la nature de sa lésion et par ses conséquences (handicaps). Cette vision d'ordre phénoménologique (on caractérise le terme par les phénomènes ex: langage pauvre, marche hésitante...) est basée sur une généralisation qui enferme dans une généralité.
La Mobilisation Structurelle des Aptitudes s’intéresse aux conséquences d’une atteinte cérébrale et pas aux causes.
Loin du modèle pathogénique, qui veut trouver et isoler chez une personne ayant une atteinte cérébrale ce qui ne va pas afin de donner un remède pour diminuer ou supprimer les symptômes, la Mobilisation Structurelle des Aptitudes va s’efforcer de chercher les points positifs, ceux qui continuent de marcher, ceux sur quoi nous pouvons nous appuyer.
Notre modèle est salutogénique (salut : santé). A partir des éléments qui fonctionnent, nous allons construire une intervention qui va développer les aptitudes de la personne (le Programme de Mobilisation des Aptitudes).
La Mobilisation Structurelle des Aptitudes va donc augmenter le potentiel de réalisation tout en laissant de côté la contrainte du résultat attendu.
Ce n’est pas la performance qui m' intéresse, mais bien le potentiel de réalisation.
En l'absence de Mobilisation Structurelle des Aptitudes, la personne concernée par le traumatisme crânien va se heurter à un mur : celui constitué par l’accident, par le réveil, les soins, la rééducation et le retour à domicile.
Ce mur, que j'ai appelé le « mur du Soi », est bâti sur une image de soi négative, sur les doutes, les peurs, les angoisses, les douleurs, les échecs, les fatigues, les blocages, les inhibitions ou les désinhibitions, la dépression.
Toute initiative va se cogner contre ce mur et rebondir vers la personne qui va adopter des comportements de fuite afin d’éviter de se retrouver dans la même situation et/ou renforcer la puissance de nuisance du « mur du Soi ».
La personne concernée par le traumatisme crânien ne va même pas pouvoir accéder à la réalité qui constitue aussi un obstacle à franchir. Le « mur du Soi » bloque toute possibilité d’accès à la réalité et donc toute possibilité de travailler avec cette réalité, de la connaître, de l’apprivoiser, de la transformer.
C'est pour franchir ce "mur du Soi", pour l'effriter, le remodeler, le transformer, que j'ai conçu deux outils d'intervention : l’Expérience de l’Apprentissage de la Mobilisation et le Programme de Mobilisation des Aptitudes. Ces deux outils vont permettre à la personne concernée par le traumatisme crânien de pouvoir accéder à la réalité, d’y être confronté, de l’accepter, de la transformer.
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